Création/Littérature/Prose

Marie du Crest, Framgentée (7)

 

Les sept douleurs de la Vierge Marie.
Non, Les sept  dernières paroles du Christ en croix. Et je reviens à Haydn.

 

Notre Dame Du Mont. Les fenêtres d’un immeuble curieusement  ouvertes sur la façade de l’église. De petits palmiers méridionaux plantés comme dans un pays lointain.

C’est une rue très étroite  que les voitures n’empruntent que dans un sens. Elles circulent en rasant celles qui sont garées le long des trottoirs. Elles peuvent à leur passage arracher les rétroviseurs qui dépassent  des carrosseries. Le petit miroir se fend sans un bruit.

Les piétons eux aussi doivent être prudents et marcher en file indienne sur des  trottoirs exigus, salis par des déjections canines, des déchets humains. Marseille est sale, puante en été lorsque s’entassent les ordures contre les murs, sur le couvercle des poubelles.  Reliefs des repas en décomposition sous le soleil. Débordements de sacs plastiques, de cagettes, d’ordures en tout genre. De beaux rats repus s’aventurent en surface. Ils sont les maîtres de la cité depuis des millénaires.

Une herbe folle  poussée dans une une lézarde du mur, plantée dans quelques résidus terreux, arrosée par une fente dans une vieille gouttière. Les fenêtres des rez–de- chaussée sont protégées des voleurs  par des grilles  aux solides barreaux.   De lourdes portes en bois ciré, anciennes pour la plupart, sont fermées. Petits boutons de sonnette en cuivre sur le côté  qui feraient penser à de divines  mezouzot, protégeant les mots du Chéma,  placés dans un  dans un boîtier de métal, sur le seuil des maisons, des pièces ainsi protégées.

Les noms des habitants des petits immeubles  sont étiquetés, collés sous la bouton en cuivre de la sonnette. Les digicodes peu à peu les remplacent, plus anonymes, beaucoup plus vigilants, voire méfiants à l’égard du moindre visiteur qui ne se serait pas annoncé par avance.  Faire comme à Paris.

Depuis longtemps déjà, les gens avaient perdu l’insouciance des choses, le plaisir spontané de la fantaisie : il fallait au contraire tout planifier, des mois à l’avance  y compris pour aller au théâtre, au concert ou monter dans un train et prendre un avion. Celui ou celle d’ailleurs qui, avait cette capacité à organiser son calendrier avec rigueur et détermination était récompensée par des tarifs préférentiels. L’insouciant quant à lui était voué aux déceptions répétées sauf si la chance lui souriait miraculeusement. Il fallait ainsi prévenir que l’on passerait chez son hôte à une heure définie et négociée.

« Je passai devant chez toi, du retour du marché, je suis monté prendre un café et bavarder un peu. »

L’amant dans la douleur de l’absence de sa vagabonde, de son errante.
Désespoir  et espoir intermittents.
La belle reviendra, la belle reviendra.

 Au bois, le prince charmant
 dont seul le baiser
dans le tombeau de cristal,
 réveille sa princesse.
 

Marie du Crest

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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