Création/Photographies

Naïm Bouzidi, Chronique locale

Depuis plusieurs années, mon concept est de placer d’anciens articles de faits-divers sur les lieux où se sont produits les événements que décrivent ces textes.

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Je récupère ces faits-divers aux archives de quotidiens locaux et régionaux.

Pour faire sens, je ne produis aucune image, aucune œuvre, je réactive et « replace » ces textes bruts sans transformation, au format d’origine sur le lieu qu’il décrit, tel un palimpseste, afin de laisser un champ du possible. Par cet acte je propose une mise en lumière, je donne à voir un autre angle de vue de ces petits textes foudroyants qui font appel à notre imaginaire et notre raison de façon puissante.

Ce qui m’intéresse, c’est qu’avant de devenir un élément archivé ils ont une courte vie médiatique. On ne le choisit pas, ils se présentent à nous par une lecture qui est rapide ; on y pénètre immédiatement et facilement, presque sans réflexion ; c’est un texte conventionnel et austère, fixant un instant, une action avec un maximum d’informations, pas le temps et aucune nécessité pour l’inspiration.

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Ces textes sont les dernières traces d’un événement le plus souvent qualifié d’anodin, rapidement tombé dans l’oubli. Le fait divers fait partie d’un monde parallèle clos, quotidiennement alimenté ; il s’agit d’une accumulation de faits rapportés par des journalistes le plus souvent anonymes – en effet c’est un texte très rarement signé, ou uniquement par des initiales. Ce monde fait face à celui de la production culturelle et artistique classique, qui elle aussi s’accumule à la différence d’être soigneusement signée par leurs auteurs, et généralement ultra médiatisée.

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Toujours dénigrés, ces textes de proximité sont pourtant continuellement modifiés, exploités ou manipulés par la littérature, le cinéma, la presse, la radio, internet, les politiques, le théâtre, la bande dessinée, etc.

Ma démarche en est à l’opposé. Il s’agit d’une action d’ « exhumation » de ces textes, sans modification. Par cet acte, il n’y a pas d’interprétation, pas de jugement, pas de point de vue. Je propose une mise en abîme, tous les sujets terrestres sont abordés : notre rapport à la réalité, sur la permanence des faits, notre mémoire, nos angoisses, nos fantasmes, notre histoire, nos lieux de vie, le temps qui passe, notre imaginaire –bref, la liste est trop longue.

C’est également l’occasion de donner une histoire à des non-lieux.

Par ce travail il y a une partie critique de l’histoire qui traite exclusivement des illustres personnages et autres faits prestigieux.

Je pose les faits-divers aussi bien en zone rurale qu’urbaine.

Ma sélection ce fonde pas uniquement sur un contenu morbide, insolite, ou invraisemblable, mais sur la description du texte avec la réalité qu’il décrit.

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De tout temps de nombreuses personnes se rendent ou retournent sur les lieux d’un fait-divers, afin d’être placé au plus près de l’événement, citons des exemples comme la police, les journalistes, la famille, les ou l’accusé dans le cadre d’une reconstitution, les curieux de passage ou en pèlerinage, la foule qui se recueil sur les lieux d’un drame ou au domicile d’un personnage médiatique avec dépôt de gerbe de fleurs, de mots, d’objets.

Naïm Bouzidi

 

 

 

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