De l'humain pour les migrants/Dossiers thématiques

Florence Noël, De l’humain pour les migrants

mon corps tient en lui des fragments de tant d’histoires, ni poing fermé, ni main tendue,
récipient à la dérive, ce corps cahote de moins en moins léger, sac d’ouates lesté de
limailles
ces histoires… des éclairs algueux, des cordelettes, tantôt attachées, tantôt dénouées,
personne pour en remonter le fil, des histoires ni à donner, ni à prendre, parce qu’hors
corps elles seraient à l’évidence étranges, à l’accent trouble, à la peau apatride….
mon corps traître à sa substance, à son essence, que je véhicule de lieux en heures,
avec des surfaces douloureuses comme rempart j’ai vu le ravaudeur d’histoires sur la
place, on dit qu’il fait des miracles, on dit qu’on s’épaissit et qu’on s’allège tout à la fois
à lui parler
il me suffirait pourtant d’une simple direction, d’un mouvement certain, pour que tout
en mon corps s’assemble et conjure l’impesanteur des mots, l’innocuité de la mémoire
pour lever de nouveau la lanterne depuis les bois de l’enfance

Florence Noël

Ce texte est issu du recueil en cours de construction, de l’humain pour les migrants, initié par Jean Leznod. Pour plus d’informations, cliquez sur ce lien où vous trouverez l’appel à diffusion et participation.

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