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James Parker, fondateur et rédacteur en chef de The Pilgrim

Questions de Pierre Morens. Traduction depuis l’anglais par l’auteur.

James Parker, pourquoi proposer à des sans-abri d’écrire ?

Je m’intéresse depuis toujours, je crois, aux histoires qui viennent des marges, du dehors de ce que nous pourrions appeler « la vie quotidienne » ou « la réalité conventionnelle » ou encore « l’abrutissement du capitalisme tardif ». Et comme j’en étais venu à lier connaissance avec des sans-abris du centre de Boston, j’étais en situation de les inviter à exposer leurs façons de voir et leurs visions du monde. C’était, et cela reste, pour moi une motivation profonde.

 

Comment faites-vous pour attirer les gens à vos séances d’écriture ?

Par le bouche à oreille. Le groupe des Black Seed Writers est un lieu de paix où l’on est en sécurité et où la parole est ce qui a une valeur. Si vous arrivez à mettre sur pied  un lieu pareil et à le faire durer, les écrivains viendront. Il y a le café aussi…

 

Vous avez aussi fondé No fixed Address, une maison d’édition. Comment fonctionne-t-elle ?

Sans Domicile Fixe fonctionne ainsi : quand un écrivain a produit assez de textes pour remplir vingt ou vingt-quatre pages grand format* (ce qui donne  une sorte de grand cahier ), nous les mettons en page et nous imprimons l’ouvrage en vingt-cinq exemplaires. Nous les remettons à l’écrivain qui agit comme il veut. Parfois il les donne, parfois il les vend dans la rue pour cinq ou dix dollars, cela dépend. Si l’écrivain souhaite d’autres exemplaires nous les imprimons. Nous avons jusqu’à présent publié dix-sept recueils et nous en publierons sans doute une dizaine d’autres cette année.

Questions de Pierre Morens.

*Le grand format est, à quelque chose près, celui des feuilles d’un quotidien traditionnel.

 

 

L’éditorial du 14 novembre 2016 de James Parker,

Poussée crânienne

Quand vous commencez à écrire, à vraiment écrire, à écrire sur ce qui importe, vous apprenez que, si vous les attendez, les mots viendront à vous. Avec des précautions ou dans l’urgence, ils s’approcheront. Les écrivains, les écrivaines se tiennent assis avec les mots qui scintillent autour de leur tête semblables à des particules nerveuses, agitées, instables, pénibles parfois, mais toujours en quête d’une relation. On ne peut pas les bousculer. On  ne peut pas les faire accélérer. Vous voulez dire quelque chose, faire sortir une image ou une idée qui vous ébranle le cerveau depuis des jours tel un énorme bégaiement. Dans votre crâne ça pousse : un vide atroce. Pas de mots, pas de mots. Mais restez assis, calme, calme, ne vous énervez pas, et voici qu’ils viennent…

 

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