Création/Littérature/Poésie

William Braumann, Déterrer la clarté

 

Au point de chute aérophane du torrent,

Dans le creux mouillé de sa main tendue

Rouille

Un éclat de corail arrimé à l’écume sablonneuse

D’un entrelacs de dunes

 

Squelette exotique ébréché par les fonds écailleux

D’un œil de verre aquarium,

Fil animal dénudé à la dérive

Comme électrocuté par trop de  tempêtes

Exemptes de courants et de marées minérales

 

Faire renaître entre les pierres

Dans l’eau limpide

Son regard creux de vague lisse

Éteinte sur les fonds bleus

De cette journée de printemps

 

Le petit gibier de verre

Arraché à la poutre de la cheminée

Maigre trophée tordu de vacances anciennes

A perdu son sang et son oeil rouge

Transpire

Sous le tapis chaud

Des coquelicots

 

Se faufiler derrière les vitres embuées

Pour y boire à travers,

Décrasser la source vive

Pluie opaque plombée par le souffle pétrole

De pas d’hommes aux quatre saisons

Broyées

Par les battements d’obscurs métronomes,

Cliquetants comme autant de fantômes

Déglingués et sourds

 

Une journée

De verre a tenter de réanimer

L’aurore et l’éphémère

 

Ce soir un trapèze se balance dans les traînées jaunes

D’une forêt de lucioles,

Semblant porter le deuil.

William Braumann

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