Création/Littérature/Poésie

Germain Tramier, Les Grives

Enfoncés dans l’eau du lac

les enfants ont les yeux

vers le rivage

dans le reflet d’un ciel

répandu sur les cimes

.

et les grives jamais

ne cessaient la ronde

autour des berges noires

.

elles passaient sur les voies du vent

un œil à leurs frontières

l’autre, que peut-il bien voir

derrière les rivages ?

.

balancés d’un même flot

le corps rayonnant des enfants

est posé sur les vagues

leurs pensées dans les brises

pour soutenir le vertige des grives

.

et le crépuscule

trébuche des monts noirs

comme une peur à rebours

mais les grives volaient déjà

sur les cimes sauvages

.

ils les suivaient du doigt

qui propageaient dans l’air

de lourds crépitements

la lumière

égarée sur les crêtes

frappait d’un même noir leur voyage

.

alors ils écoutèrent

le cri des nuits profondes

qui s’échappait des rives,

pendant que les grives, toujours

répétaient en silence la ronde

.

et sans cesse dans le lac

brisant de leurs ailes la toile de lumière

leur image couvrait le visage des enfants

.

dans une gerbe étincelante

elles éventaient leurs plumes

et disparaissaient, à force

élimée par les bises

.

alors les enfants

récoltaient

plus à plus

dans l’eau tiède et radieuse

les restes éparpillés

.

ils les soufflaient ensuite

au creux des airs

pour réparer, des grives

des arpents silencieux

Germain Tramier

Poème issu du recueil Les États

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