Création/Littérature/Poésie

Audrey Chambon et Khalid EL Morabethi, Des corps

Des corps,
Qui se frôlent dans une chaleur étouffante,
Et puis des corps qui marchent, courent et chantent,
Chantent leurs haines écrites sur leurs veines,
Devant ceux qui s’en foutent, ils chantent leurs peines
Et puis des corps,
Juste des corps qui doutent,
Des corps qui se fondent,
Qui se rendent,
Qui se confondent,
Qui se dégagent de la table ronde,
Des corps !
Les corps vacillent,
Les corps sont en transe,
Les corps dansent,
Ce soir, ils dansent,
Ce soir, ils pensent,
Ce soir, ils dansent autour du sens,
La passion est hors du corps et le sens danse,
Le sens est en feu.

Des corps,
Ils dansent, encore et encore
Jusqu’à ce que les pieds saignent,
Puis las de danser
Et plus las encore de penser,
Ils tombent lourdement
Les uns après les autres
S’entassant, tas de chairs
Nerveuses s’agrippant
Aux mensonges qui s’enfuient
A la rage qui vomit
A la crasse au pus au sang,
Chairs amollies ouvertes aux vents;
Et ils crient
Ce qu’il leur reste
La détresse et l’ennui;
Et ils gémissent d’être seuls
Dans la danse macabre
Seuls, tous collés les uns sur les autres
Les autres tout collants et
Tous seuls aussi…
La masse grotesque,
Exsangue,
Râle et expire
L’abcès crevé
Et puis fin.

 

Poème en duo Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi

 

 

 

 

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