Création/Littérature/Poésie

Lise de Courdes, Il semblait trop vieux

Il semblait trop vieux
Le vieux Röger
Pour être le père de Suzanne
Y’avait ses deux filles déjà
Gudrun et Ursula
Vingt ans avant
Et sa Frau qui tenait le foyer
Pour les enfants errants du quartier.

Et comme les vieux, il parlait guère
Il était jeune du temps d’Hitler
Et d’un seul coup tout cassé par la guerre
Si partout qu’on ne sut vraiment où.
Ses cheveux noirs bien lissés en arrière
Se démarquent des restes de son corps
Fixé morose les portes closes
A un salon, bien pensionné.

Quand il m’a vue avec Suzanne
Il a pensé dégoût, tout ça pour ça.
La face obscure à contre-jour
Il a plongé dans sa fumée
Et envolées toutes ses pensées
Sur l’écran noir de la télé
Qu’il venait juste de couper
Un œil brilla dans le reflet.

Lise de Courdes

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