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Jilali Gharbaoui, peintre abstrait marocain

Jilali Gharbaoui

Jilali Gharbaoui

Ce fait étrange parce que unique dans les annales de la peinture marocaine : avec Jilali Gharbaoui (1930-1971), jamais artiste peintre n’aura autant « survécu » à sa disparition près d’un demi siècle après.

Rétrospectives, accrochages à Rabat, Casablanca… avec accompagnement  médiatique en règle, autant de manifestations qui reviennent depuis, en hommage à l’artiste et son œuvre.

L’explication, est-ce uniquement le fait du mérite indéniable de cette œuvre artistique d’envergure, son initiateur étant considéré, à juste titre, comme le précurseur par excellence de l’art abstrait au Maroc, l’art de rupture en ce qu’il pourrait avoir de singulier, d’éruptif et de résolument neuf ?

Ou alors serait-ce juste-là une simple question de gain (au sens large du terme), d’autant que c’est tellement  vendeur, un artiste « maudit » et qui plus est,  « présentant bien » de par le vécu qui fût le sien (enfance douloureuse très marquante, tempérament instable, deux tentatives de suicide, crises de folie, séjours psychiatriques, abus d’alcool et de psychotropes, braderie de ses œuvres, enlisement, solitude…) ?

Et si un tel intérêt n’était en fait que l’expression d’une certaine repentance de cette frange si « savante » de la société, qui avait tant fait mal à l’artiste en l’ignorant superbement de son vivant, alors que le gotha parisien (les Restany, Carpentier, Michaux…) l’avait déjà admis en son sein et consacré comme tel ?

Et si, et si…

Jilali Gharbaoui retrouvé gisant sur un banc public du Champ-de-Mars à Paris, un matin d’avril 1971, son corps sera rapatrié au Maroc et inhumé à Fès.

« Exprimer une forme ronde qui reçoit la lumière du soleil et la répand sur le sol »

Jilali Gharbaoui, Gouache sur papier, 1955 (50 x 64cm)

Jilali Gharbaoui, Gouache sur papier, 1955 (50 x 64cm)

 « La quête de la lumière est pour moi capitale. La lumière ne trompe pas. Elle nous lave les yeux »

Jilali Gharbaoui, Gouache sur papier, 1963 (55 x 72 cm)

Jilali Gharbaoui, Gouache sur papier, 1963 (55 x 72 cm)

« Sortir de nos traditions géométriques pour faire une peinture vivante : donner un mouvement à la toile, un sens rythmique et le plus important, en ce qui me concerne, trouver la lumière »

Jilali Gharbaoui, Huile sur toile, 1960 (97 x 163 cm)

Jilali Gharbaoui, Huile sur toile, 1960 (97 x 163 cm)

« Une peinture intellectuelle fausse notre vision et notre rapport avec le monde »

Jilali Gharbaoui, Huile sur toile, 1959 (80 x 50 cm)

Jilali Gharbaoui, Huile sur toile, 1959 (80 x 50 cm)

« Le mouvement qui rompt l’inertie, qui embrouille les lignes, qui défait les alignements »

Jilali Gharbaoui, Technique mixte sur papier, 1967

Jilali Gharbaoui, Technique mixte sur papier, 1967

« Le mouvement comme désobéissance, comme remaniement »

Jilali Gharbaoui, Technique mixte sur papier, 1966

Jilali Gharbaoui, Technique mixte sur papier, 1966

« Mon travail personnel a toujours été un effort de dépassement »

Jilali Gharbaoui, Aquarelle, 1959 (50 x 60 cm)

Jilali Gharbaoui, Aquarelle, 1959 (50 x 60 cm)

Aziz Zaâmoune

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