Littérature

Ahcene Mariche, Poèmes de Kabylie

La négligence

Ah ! Si on pouvait considérer
La négligence comme arme en puissance!
Elle est capable d’engendrer
Catastrophes et souffrances.
Elle est là pour dévaster
La société en éternelles vacances.

 La négligence est un vilain défaut,
Elle est la cause de bien de ruines.
Elle est pour des hommes un  bourreau,
La destruction est sa routine.
Que ce soit blanc ou noir corbeau,
Tout finit dans la ravine.

Autour de toi, jette un regard,
Les exemples ne manquent point.
Parmi ceux qui chutent, la plupart
Négligent les choses de loin.
Toute la mémoire s’efface plus tard
Par la négligence et avec soin.

La négligence est maladive
Elle aveugle, tue et paralyse.
Semblable au feu que le foin avive,
Ceux qui sont atteint le disent.
Ou comme le courant qui arrive,
Et dévaste les frontières et les balises.

Chacun veut s’en défaire
De cette négligence maléfique.
Ensemble, soyons solidaires,
Bannissons ce fait endémique
Qui hante notre imaginaire,
Pour enfin connaître une vie magnifique

Beaucoup seront pénalisés,
Combien connaitront les prisons.
Leurs jugements seront le plus compliqués
Puisqu’ils sont des malfaisants.
Ils ont tué, détruit ou volé,
Ils sont pires qu’un fusil ou un tranchant.

D’un pied ferme et sans bruit,
Ses pratiques sons grandioses.
Elle rallonge les frontières ou les réduits.
Elle va vite et l’affaire est close.
Tel le noir de minuit,
Au petit jour elle s’impose.

L’énigme

 Combien de gens ai-je habillés ?
A combien d’autres j’ai rapiécé ?
Parmi les pauvres et les nantis.
Combien d’épines ai-je enlevées ?
Combien de furoncles ai-je percés ?
A ceux qui traînent des maladies.

Combien de boucles d’oreilles portées grâce à moi
A combien suis-je utile, c’est ainsi qu’on me voit,
Dans la vie de tous, je suis incontestable.
Oh ! Combien de mariées ai-je parées de surcroît,
Ainsi que leurs conjoints que j’ai embellis à leurs choix
Pour paraître devant les gens agréables

 Combien de gens ai-je protégés,
Combien on ai-je couvert de près,
D’un habit sur mesure ?
De combien je m’en suis occupé,
Leur assurant des biens en quantité
Mais ils sont ingrats de nature.

J’ai pris conscience une fois trop tard,
Des services que j’ai rendus au départ,
Devenant semblable au laboureur des eaux.
Que voulez vous ? Je connais l’homme et son hasard,
Autrement, je n’ai aucun profit à part,
Mais j’ai fait ça parce qu’il le faut.

Si tous mes dires vous paraissent étranges,
Ce ne sont que des maximes que j’arrange
Et que j’ai pris du riche terroir.
Toutes ces paroles que je mélange,
Pour parler de moi et de l’aiguille en échange
Qui est restée nue, allez-y voir.

Le besoin m’a inventé

Le besoin m’a inventé
Ayant une place réservée
Dans la vie de l’être humain.
De tous visages, il m’a doté,
Avec des formes variées,
L’histoire étant témoin.

Je m’occupe de toutes activités,
Je rends la tache aisée
Pour celui qui m’a découvert.
Oh ! Combien de choses ai-je coupées,
Légumes, maint bois taillés
Et quartiers de viande divers !

Au travail, je me perfectionne,
Etant fier de ma personne,
Ma valeur ne cesse d’augmenter.
A peine sorti de cuisine que j’abandonne,
D’un fourreau, on me couronne,
Chose qui me procure la beauté.

On m’accroche au muret,
Me réservant des coins préférés,
Parce que l’on me vénère.
On me saisit avec fierté
Dans la vie royale ou celle des aisés,
Celle d’ailleurs que je préfère.

Cependant, oh ! Quelle fatalité
D’être utilisé par un forcené
Pour commettre un carnage !
A cause de moi, on a balafré,
Beaucoup sont assassinés
Jusqu’à me qualifier de mauvais présage !

En une minute, tout s’en va,
Je m’écroule au plus bas,
Ayant honte de moi-même.
Devenu otage de l’homme de loi
Qui condamne ce malfrat,
Alors, je revois tous mes problèmes.

Ma mer, à présent, est déchaînée,
Me rappelant tout le passé
Et de toutes les voies déjà prises.
La flamme m’a défiguré,
Le marteau a pris le relais
Avec la pierre, on m’aiguise.

A tout feu, j’ai résisté,
Je n’entends que le soufflet
Qui malmène mon état.
A toute surface rude, on m’a aiguisé
A la ponceuse ou au rocher
Pour avoir un tranchant adéquat.

Voilà donc ce que j’ai enduré
Avant de vous rencontrer,
N’est-ce pas un vrai tourment ?
Chez certains, j’ai fait preuve de bonté,
Chez d’autres, j’ai causé des méfaits,
Le savez-vous ? Je suis le tranchant!

 Ahcene Mariche

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