Prose

Manifeste du Gardien de Phare.

I. Préambule.

L’appellation « Les Gardiens de Phare » doit rester absolument libre de droits. Chaque individu en accord avec les préceptes qui vont être développés dans ce court manifeste est en droit d’en user comme il l’entend, à la simple condition de respecter notre fond idéologique et d’œuvrer à sa diffusion.

Les Gardiens de Phare ne sont affiliés à aucun parti politique afin de conserver leur liberté de rejeter ou d’adhérer à des idées singulières sans être soumis à des obligations dogmatiques. Attention toutefois à ne pas voir en nous une organisation apolitique. En tant que nous proposons un modèle de société dont la vocation ultime est de s’institutionnaliser, le mouvement des Gardiens de Phare est fondamentalement politique, au sens fort et premier du terme.

Il n’existe aucune organisation hiérarchique au sein des Gardiens de Phare. La décision d’agir appartient à chacun et ne nécessite nullement l’approbation d’une quelconque autorité. Celui qui soutient le contraire encourt le blâme du présent manifeste.

Un Phare est une construction humaine à haut potentiel symbolique. Dressé, fier et insoumis au cœur du maelström hostile des éléments, il est l’étoile du navigateur égaré. Sa lumière, javelot éclatant lancé comme une bouée de sauvetage dans le fracas sombre et agité de la nuit, est un magnifique faisceau d’espoir, assurant à chaque individu plongé dans la détresse, une prise au sein même du néant. L’existence du Gardien de Phare est une lutte quotidienne, toujours recommencée, contre l’obscurité et les vents contraires. Humble et sublime, ce choc entre la chair et l’immensité implacable de la nature, ne laisse place à aucun fantasme quand à la place d’un homme au sein du tout. Affranchi de vaines illusions de puissance, seule reste la conscience d’une fragilité constitutive. Malgré tout, chaque crépuscule nouveau voit cet atome d’univers se faire résistant. Dispensant ses rayons salvateurs sous la violence aveugle de forces qui le dépassent, voici que le Gardien de Phare émeut le ciel qui accouche de l’aurore. Éveillé à sa condition, il incarne le courage et l’humilité, célébrant par chacun de ses actes, la beauté d’une humanité digne. Comme lui, nous voulons révéler les écueils carnassiers qui rêvent d’emporter nos semblables et leur indiquer la voie vers le rivage. Nous en appelons à tous les esprits lumineux car la tâche est dantesque et les vigies de la conscience, depuis trop longtemps délaissées. Fidèles à nos postes soyons la relève de nos lendemains de sorte que chacun de nous soit un éclat autonome mais que nos phares brillent à l’unisson.

II.Constat critique.

Le système libéral hérité des philosophies du XVIIe et du XVIIIe siècle s’est progressivement imposé à nous. Assimilant à son empire un nombre toujours croissant de territoires, il règne aujourd’hui sans partage sous la forme d’un phénomène global : la mondialisation. Ce mode de vie transnational est, à l’origine, la solution imaginée pour abolir les conflits idéologiques entre les hommes et, en particulier, le cauchemar des guerre civiles, dans lesquelles la rivalité des spiritualités ne respecte même plus le caractère sacré des frontières.

Ainsi, le libéralisme suppose l’abolition d’une morale d’État, au profit d’un relativisme total des valeurs : chacun peut choisir son mode de vie, tant qu’il n’empêche pas autrui de choisir le sien, suivant la maxime bien connue : « la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres ». On comprend dès lors que la liberté de culte, la séparation des pouvoir politiques et religieux, ou même la mission assignée à l’école républicaine d’instruire sans éduquer, sont certes, des conséquences de ce système mais en sont aussi les conditions.

Chacun étant donc libre de mener son existence comme il l’entend, le lien social s’affaiblit au profit d’une communauté atomisée. Le nouveau rôle de la politique et du droit devient alors de réguler ces particules mouvantes afin que les libertés individuelles des uns entrent le moins possible en collision avec celles des autres. C’est la fin de toute possibilité d’un projet partagé lié à un idéal de l’homme et de la vie bonne, remplacée par une simple mécanique froide et calculatoire des flux.

Néanmoins, ayant supprimé tout dénominateur commun, la simple composante institutionnelle du libéralisme n’est plus capable de cimenter une communauté. Elle a donc besoin du concours d’une seconde composante, économique cette fois, afin de remédier à ce problème. Celle-ci pose l’argent, les biens, la jouissance personnelle, en bref : la poursuite de l’intérêt particulier entendu dans un sens matérialiste et consumériste, comme nouveau lien social. L’égoïsme de chacun devient, dès lors, la condition même d’une existence partagée. Le culte de la croissance remplace la foi en la bonté divine, le manque de performance se substitue au péché, la bourse devient cathédrale du chiffre et chacun prie pour le salut de son épargne. Ainsi, les grands monothéismes, sources de conflits sans fins, ont laissé place à la religion universelle du capital qui met tout le monde d’accord.

L’engouement pour cette ruée vers l’enrichissement personnel a permis l’expansion du libéralisme économique, aboutissant finalement à la globalisation des flux de capitaux et à l’internationalisation des activités. La ferveur des fidèles a réussi le miracle de faire s’incarner un Deus ex machina : l’économie mondiale. Celle-ci est aujourd’hui une entité à part entière qu’aucun homme ne contrôle vraiment mais qui détermine le quotidien de chacun.

Est-ce donc là le progrès ? Sommes nous donc à ce point mauvais, nombrilistes, batailleurs, incapables de s’entendre, qu’il nous faille créer une machinerie sans âme pour nous gouverner ? Cette humanité, que nous brandissions autrefois avec tant de fierté, a-t-elle encore un sens dans un système qui nous pousse à vivre comme des bêtes, qui ne nous fixe aucun autre but que celui de jouir encore et encore ?

Ce modèle n’est pas pour nous. Nous sommes des êtres d’idéaux, passionnés de rêves, qui exigeons plus que du pouvoir d’achat.

III. Héritage critique.

Il est évident qu’une société basée sur l’égoïsme et le vice de chacun ne constitue en rien une alternative satisfaisante aux anciennes communautés fondées sur une morale et une spiritualité communes. Toutefois, il faut bien admettre qu’à partir du moment où l’on utilise des idées pour lier les hommes, les modèles finissent immanquablement par s’affronter, chacun voulant prouver la supériorité de ses valeurs. L’histoire contemporaine n’est d’ailleurs que trop marquée par ces douloureuses tentatives d’idéologiser l’État et les fantômes de l’Allemagne nazie et de l’URSS – puissent-ils toujours nous hanter – sont là pour nous garder d’une nouvelle folie.

Ainsi, le changement de cap que nous proposons ne doit jamais perdre de vue ces deux antimodèles que sont le capitalisme et le totalitarisme, sous peine de ne produire qu’une répétition malheureuse du passé. Nous devons manœuvrer avec l’adresse et l’agilité du funambule, afin de nous tenir entre le gouffre du « trop d’idéal » et celui du « pas d’idéal du tout ».

IV. Notre solution.

1) Ses exigences :
Il nous faut réinstaurer un idéal de l’être humain fondé sur des valeurs communes. Celles-ci doivent devenir l’étalon de mesure partagé fondant tout jugement. Chaque action et chaque décision, qu’elle soit individuelle ou institutionnelle, devra être évaluée à partir de ces références.

Afin de dépasser les antimodèles dont elles se prétendent l’alternative, ces valeurs doivent répondre à deux exigences principales :
– La première est d’être universalisables, ce qui suppose trois conditions : être compatibles avec l’exercice d’une religion, ne pas instaurer de rapports de domination et enfin, ne nécessiter aucune condition d’application fondée sur une discrimination (de ressources, de lieu, de capital intellectuel ou autres).
– La seconde est de prescrire une conduite qui soit assez générale pour laisser la place aux débats et aux désaccords relatifs aux comportements à adopter dans chaque cas particulier. Nous pensons en effet que l’homme a besoin de se sentir acteur de son existence et qu’un système qui lui dicterait intégralement ce qu’il doit faire n’est ni viable, ni souhaitable.

2) Sa caractérisation :
Nous souhaitons replacer les valeurs des anciens, entendues d’une nouvelle façon, au centre de nos sociétés et de nos existences individuelles. Celles-ci ont l’avantage de procéder d’un fond culturel commun à une grande partie du genre humain et de satisfaire aux exigences précédemment posées.

La sagesse sera entendue comme éveil au monde et à notre condition d’homme. En tant qu’êtres pourvus de raison, nous avons le devoir de nous questionner. Tout ce qui nous est donné est insatisfaisant. Chaque chose doit être soumise à l’interrogatoire et dévêtue de son rideau d’apparences car elle masque des coulisses encombrées. Nous pataugeons dans un marécage de contradictions et nos narines doivent apprendre à humer et à en apprécier les relents. Cette sagesse-éveil est la valeur de la curiosité intellectuelle par excellence: penser par soi même, porter sur le monde un regard critique et aiguisé, nécessite d’abord de penser avec autrui, d’où l’importance cruciale de se confronter à des réflexions étrangères, que ce soit par la lecture ou le débat d’idées.

Le courage constituera notre croisade contre l’égoïsme. Il sera en effet pensé comme une disposition à dépasser notre simple instinct de conservation et de confort de vie au profit d’une noble fin. Il est la condition même de toute poursuite d’un idéal et de toute forme d’altruisme. C’est notre courage qui détermine notre capacité à donner, à offrir un peu de notre être en cadeau à autrui. Avec lui, un amour profond et véritable devient possible, celui de l’aimé pour lui-même et non pour la quantité de jouissance qu’il renferme ; amour de l’autre qui ne soit pas toujours amour de soi. C’est une valeur magnifique, seule capable de fonder une véritable communauté humaine.

La tempérance conservera, quant à elle, son sens initial, et prônera donc une recherche modérée du plaisir ainsi qu’une capacité à rester maître de ses désirs. Bannie de nos sociétés consommatrices, elle sera sans doute la valeur la plus difficile à réintroduire ; et pourtant, elle est celle qui devrait s’imposer à nous avec la plus irrésistible des évidences. Être tempérant, c’est d’abord prendre soin de soi en préservant l’état harmonieux de son corps ainsi que celui de son esprit, tout en s’assurant un plaisir moins routinier et donc plus intense. Une existence dépourvue de juste mesure est une tragédie qui écartèle l’individu. Il ne sait plus où donner de la tête. Qu’il regarde à droite ou à gauche, devant ou derrière, qu’il ferme les yeux, tout ce qu’il voit et imagine attise en lui le désir. Le voici qui s’affaire, qui s’épuise à suivre toutes ces directions à la fois, amassant toujours plus de futilités dans le but d’étouffer les flammes qui le torturent. Malheureusement, nul n’a jamais fais taire un brasier en y jetant des bûches et l’âme, à trop noircir et se consumer, finit par communiquer à la vie un goût de cendres. Renouer avec la tempérance, c’est circonscrire le feu, retrouver une tranquillité intérieure et rassembler les morceaux épars de son attention, afin de se recentrer sur qui a réellement de l’importance. De plus, en ce qui concerne autrui, elle est le seul facteur capable de réduire les inégalités entre les hommes et d’endiguer la baisse inexorable des ressources naturelles indispensables à la survie de tous. Puisque posséder quelque chose, c’est toujours en priver autrui, chaque consommateur, par son existence quotidienne est en partie responsable de la faim dans le monde, de la pauvreté, de la mise à mal de la biodiversité et de bien d’autres choses encore. L’opulence des uns n’est permise que par l’extrême misère des autres. Nous portons individuellement et en permanence de lourdes responsabilités dont nous devons avoir conscience et qu’il nous faut assumer. En somme, « toute la misère du monde » pèse littéralement sur nos épaules. Ce constat peut sembler lourd et accablant mais pourtant, il est vecteur d’espoir. En effet, si nous sommes capables du pire, nous pouvons aussi le meilleur : chacun de nous a le pouvoir d’inverser la tendance et d’oeuvrer à un meilleur partage des richesses en s’efforçant de vivre sans compromettre la subsistance d’autrui. Une existence tempérante vaut bien plus qu’un don de « bonne conscience » à une association quelconque, elle est le premier et le plus fondamental combat qu’un homme puisse mener pour l’égalité.

Sagessecourage et tempérance permettent ainsi de définir une dignité humaine, qui réinjecte dans l’assertion « je suis un homme » du sens et de la profondeur. Par ce trio fondamental, notre condition, complexité magnifique d’un être de sang et de larmes cherchant à s’immortaliser, s’exprime dans toute sa plénitude.

3) Son efficience :
Afin de pouvoir fonder un réel lien entre les individus, cette dignité humaine doit investir la société dans son intégralité, c’est à dire dans sa double composante privée et publique. Dans cette recherche, toucher le cœur des particuliers est prioritaire sur toute tentative d’institutionnalisation. L’utilisation des structures politiques comme moyen de contraindre « pour son bien » la population à la sagesse, au courage et à la tempérance, est une contradiction dans les termes, un oubli total de notre héritage problématique et un sabordage de nos valeurs elles-mêmes.

« Changer les choses » s’annonce donc comme une lutte de longue haleine, un combat quotidien où chacun est d’une importance capitale. Pour servir notre idéal, tout terrorisme est superflu. Le simple fait de vivre selon la dignité et de le revendiquer est un acte de rébellion contre le système dominant. Toute manière d’être est susceptible d’inspirer autrui et chaque acte de tempérance est un coup porté à la souveraineté de la consommation. Faire le choix d’une existence valeureuse et fière est donc la plus belle victoire dont nous puissions rêver.

Grâce à la sagesse, nous pourrons œuvrer à la mise en place d’une démocratie plus adéquate à son concept, dans laquelle le citoyen ne serait pas seulement un sujet passif « de droits et de devoirs » manipulé par une caste politique décadente et abêtissante, mais un acteur réel et éclairé capable d’assentir et de condamner en homme libre. En effet, dans une organisation politique qui se définit comme l’affaire de tous, chaque citoyen est, en droit, un homme d’État responsable de l’exercice du pouvoir. Vivre dans une démocratie c’est avoir le devoir de la faire exister, d’où l’exigence pour chacun de développer son esprit critique et de prendre part au débat public. Si il est aisé de réclamer la liberté, c’est autre chose de s’en montrer digne et de la préserver.

Courage et tempérance permettront quant à eux de gripper la consommation. La capacité de production n’étant alors plus du tout adaptée à la demande, une nouvelle organisation du travail devra voir le jour. L’utilisation de machines et de techniques fordistes devront être réduites, sous peine de vagues de chômage sans précédent, et la place sera faite à un travail plus artisanal. Le processus de création retrouvera un visage plus humain et chacun pourra alors se reconnaître dans la production qu’il aura enfin eu le temps de réaliser avec passion et savoir faire.

IV. Considérations relatives au bonheur.

Contrairement au présupposé caché derrière toute bonne publicité, le bonheur n’est pas le plaisir. À dire vrai, ils n’ont même rien à voir l’un avec l’autre, le premier étant un état stable et le second, une passade éphémère. Penser être heureux en ajoutant la jouissance bout à bout est au moins aussi fou que de tenter de bâtir un palais avec de l’eau. On ne peut rien fonder de durable sur un matériau évanescent qui nous file inlassablement entre les doigts.

Pire encore, non seulement le plaisir ne mène pas au bonheur mais il nous en éloigne même, si on le recherche avec trop d’ardeur. Satisfaire systématiquement à nos désirs, les nourrir sans distinction, n’a d’autre effet que de les faire croître jusqu’à nous réduire en esclavage. L’addiction a cela de pervers qu’elle n’est déjà plus une recherche de plaisir mais une fuite de la souffrance, un besoin et non une envie, une nécessité façonnée par nous et qui, pour nous montrer sa gratitude, nous soumet tout entier. Atteindre le bonheur suppose donc une certaine maîtrise de soi qui passe par la préservation de notre faculté de s’opposer à nos désirs et de refuser la recherche du plaisir lorsqu’il convient de le faire.

Toutefois, cela ne suffit pas. L’homme est un être complexe qui peine à trouver la plénitude dans le moment vécu, se languissant toujours d’un bonheur passé idéalisé ou d’un fantasme d’avenir heureux. Il nous faut donc également travailler à nous défaire de cette illusion qui nous porte à croire que ce qu’il nous faut, c’est ce qu’il nous manque. Sans cela, nous sommes condamnés à regarder avec impuissance s’échapper la condition de notre félicité. Nous devons rechercher au maximum ce qui dépend de nous et nous détourner, autant que faire se peut, de ce sur quoi nous n’avons aucune maîtrise. Plus simple est notre bonheur, plus il est solide et susceptible de résister aux vents contraires de la fortune.

Ces considérations permettent donc d’affirmer que les valeurs qui constituent notredignité humaine ne sont nullement des obstacles supplémentaires à une vie heureuse. Au contraire, elles sont même un atout considérable dans cette recherche. La sagesse, en tant qu’elle nous permet de mieux appréhender ce sur quoi nous pouvons agir et ce à quoi nous sommes soumis, nous préserve des illusions, des rêves inatteignables et autres chimères instables, sur lesquelles fonder son bonheur équivaudrait à se condamner à ne jamais l’atteindre. Quant au courage et à latempérance, ils sont les conditions d’une action dont la jouissance n’est pas le moteur systématique. Grâce à eux, nous sommes capables de dépasser nos simples penchants naturels pour devenir nos propres maîtres et travailler à le rester.

De la conscience de soi à la mort, il est crucial que chacun puisse, à tout moment, prendre le temps de s’extraire du flux ininterrompu du quotidien pour se poser cette question : « Qu’est-ce qui est réellement important ? », « Quelles sont les choses qui donnent du sens à mon existence et quelles sont celles qui la font basculer dans l’absurde ? ». Ce retour sur soi, si il est pratiqué régulièrement, permet de ne pas perdre de vue la fin que nous nous sommes assignés et de ne pas entrer en contradiction avec nos idéaux et avec nous-mêmes. Comme dans un jeu où les règles que l’on s’était fixé en début de partie commencent à être négligées, il est bon d’avoir assez de lucidité et d’autorité en sa personne pour identifier ces moments, où, accablés par l’habitude, on commence lentement mais sûrement à se renier. Rassembler fermement son être au moindre soubresaut, plutôt que de le laisser s’éparpiller aux quatre vents, là est la force que la vertu met à notre disposition.

Prenons garde à ce qui nous apparaît grandiose et digne d’être recherché. Les aspirations à la richesse et au pouvoir, sont autant de catalyseurs de désirs dans lesquelles il faut se complaire avec prudence et retenue. L’argent et l’importance sociale ont tôt fait de nous enfermer dans une cage d’illusions, matérialisée par un rapport faussé au monde et à nous-mêmes. Tout apparaît immédiat, le superflu devient nécessaire et nous nous changeons petit à petit, sans même nous en rendre compte, en une somme de titres et de possessions. Un revers imprévu, une faillite, une disgrâce sociale et c’est notre identité toute entière qui vole en éclat. Privé de ses biens, un tel homme n’est plus rien qu’un tas de verre pilé condamné, par son manque de discernement, au plus intense des malheurs.

V. Pour conclure.

Nous espérons que ce court manifeste, s’il n’a pas su entièrement vous convaincre, est au moins parvenu à vous faire réfléchir. Si tel est le cas, alors nos mots n’auront pas été vains, car vous voici déjà sur le chemin de la sagesse.

N’oubliez pas qu’agir est toujours à notre portée. Tout ce que vous avez fait, faites ou ferez a eu, a ou aura des conséquences. Rien ne justifie de baisser les bras. Vous êtes toujours la muse de quelqu’un et par égard pour cette personne, vous vous devez d’être à la hauteur.

Vous vous rendrez vite compte, si cela n’est déjà fait, que plus l’amour et la pratique de l’humanité s’intensifie, plus il devient insupportable d’observer la masse autour de soi qui foule au pied sa propre condition en se gaussant grassement. Ainsi, grande est la tentation de se laisser pénétrer par le mépris et la haine. Toutefois, il nous faut toujours garder à l’esprit que « nul n’est méchant de plein gré » mais seulement par ignorance ou par faiblesse de conviction. Tout est question d’éducation et sur ce point, la fortune peut être accusée de discriminations. Aussi, c’est à nous qui avons eu la chance d’apprendre à y voir clair, qu’incombe de professer la vertu avec humilité et bienveillance. Aimer l’humanité, c’est être capable de percevoir en chacun l’être humain qui sommeille, la fleur qui attend de jaillir du bourgeon pour peu qu’on lui cède quelques rayons de lumière. Il est de notre devoir d’aimer cette fleur.

Enfin, sachez que le plus grand péril de toute dignité humaine est la tentation de se laisser emporter par la somnolence de l’habitude. La répétition du quotidien étant abrutissante et oublieuse, voici, pour maintenir l’esprit éveillé, le Credo du Gardien de Phare :

Le progrès est un narcotique
Je n’ai dormi que trop longtemps
Drogué de songes aporétiques
Je n’étais rien mais tout puissant.

Qu’importe à présent…

J’ai l’âme comme une bille de lumière
Fendant la brume des nuits trompeuses
Venez à moi voiles de galères
L’humanité est contagieuse.

Usez de ces vers comme d’un refrain, afin de ne pas oublier ce qui importe vraiment. Écrivez les, déclamez les, chantez les, ils sont votre guide et notre symbole d’espoir à tous. Que le succès vous accompagne dans cette nouvelle lutte qui commence.

H.A.

Pour aller plus loin : http://lesgardiensdephare.wordpress.com/

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