Genre

Chronique homme-femme

« La défense la plus sûre contre la tentation, c’est la lâcheté »  Mark Twain

Et si Adam n’avait pas croqué cette foutue pomme ? L’histoire du monde en serait-elle changée ? La  femme accusée de tous les maux de la terre depuis la soi-disant création de l’homme aurait-elle eu une autre destinée que la lutte pour son droit d’exister, sa dignité, sa capacité à égaler ce que l’homme prétend posséder naturellement du fait de sa supériorité originelle. La religion a causé et cause toujours autant de tort à la parité. Toute femme, descendante présumée d’Eve ce démon séducteur, doit assumer ce geste sournoisement suggéré comme un fardeau éternel. Le poids s’est-il vraiment allégé avec les années ? En apparence car le venin du serpent s’est changé en un empoisonnement dans les mentalités. Les combats passés ne doivent pas être oubliés. Sans être féministe pure et surtout dure, nous devons toujours garder un œil sur nos droits, car l’insoumission de quelques unes profite à toutes ! L’occident se sent fier du devoir presque accompli au niveau de l’égalité. Il renvoie sans cesse ses succès à la face voilée de l’Orient où la femme est toujours considérée comme génitrice- comprendre poule pondeuse- qui n’a pas voix au chapitre. Violences physiques et psychologiques correspondent par réseaux « mâle » interposés, peu importe que l’on se trouve au Caire, à Dubai, à Kaboul ou à Paris.  Le fait même que nous soyons obligés de déterminer « une journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes » est la preuve que la faute n’est réparable qu’à demi.  Comment effacer des millénaires de bourrage de crâne, des siècles de messages éhontés ?  Comment reprendre ce formatage psychologique pour en faire une philosophie libératrice ? Réparer ce qui a été de l’ordre de la discrimination semble illusoire.

La violence est dans le regard (du pervers au séducteur), dans les mots (tu n’es qu’une femme), dans les pensées (je dois te posséder, tu es à moi) et puis dans tous ces actes humiliants (du mauvais geste sous la table au viol). Comment faire prendre conscience à la gente masculine que tout ne lui est pas permis. Sous prétexte que la femme a toujours été entre la vierge et la putain, l’homme en oublie la complexité féminine, cela l’effraie plus qu’autre chose. Réduire la femme à ces définitions, la réduire au silence, la réduire à un corps et à son plus simple appareil, est plus facile que d’accepter d’être au même niveau. Lorsque l’homme n’aura plus peur de se mesurer réellement à la femme, la société aura fait un grand pas.

Ps : la femme n’est pas coupable du désir qu’elle suscite, elle en est parfois responsable mais ce n’est pas une excuse pour la condamner aux bûchers des egos virils.

Cécile Thomachot

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