Le Corps

Le Corps – édito

Edito

Dans Le Parti-pris des choses, Francis Ponge écrit : « L’homme ignore à peu près tout de son corps, n’a jamais vu ses propres entrailles, il aperçoit rarement son sang. S’il le voit, il s’en inquiète. Il n’est autorisé par la nature à ne connaître que la périphérie de son corps». Ce corps, avec lequel nous venons au monde et dont on ne peut se défaire, nous serait donc à la fois familier et étranger. Familier parce que notre corps fait partie intégrante de ce qui constitue notre identité, et qu’il est ce qui rend possible notre présence immédiate au monde. Et en même temps, ce corps que nous croyons connaître nous échappe. En plus d’en ignorer « à peu près tout », Ponge souligne l’idée que l’homme ne souhaite pas nécessairement en savoir davantage (« Il aperçoit rarement son sang. S’il le voit, il s’en inquiète »). Le corps nous offre donc l’expérience de la plus grande intimité et en même temps, celle de la plus radicale étrangeté.

C’est justement cette contradiction qu’Infusion se permet d’interroger. Pour découvrir son corps, l’homme doit avant tout porter son regard hors de lui-même. Ainsi, le corps, pourtant hermétiquement fermé (et c’est peut-être là la condition de toute création), constitue une fenêtre sur le monde. Une idée qu’illustrait Baudelaire dans son Spleen de Paris : « Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée ».

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