Littérature

« Ce que cache mon langage… »

« Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé » Platon

Enveloppe charnelle exposée constamment aux affres de l’existence, tu prends tout sur toi. Tu luttes, tu encaisses, tu te fortifies et parfois malheureusement tu faillis. Tu te retrouves parfois à genou mais même quand je baisse mécaniquement les bras, tu fais en sorte que ma tête reste haute. Tu es là, tellement palpable. Si fragile et pourtant si ingénieux dans la survie. Chaque jour, je découvre à quel point tu recèles des trésors insoupçonnés malgré tes capacités limitées. Tu me fais avancer, trébucher, écorcher. Tu conserves toutes les traces de la vie. Etape après étape. Cicatrices après blessures. Tu me fascines autant que tu m’exècres. J’ai du t’accepter à mon corps défendant. J’ai grandis à travers toi ou plutôt tu m’as fait grandir. J’ai vu le monde différemment dès lors que j’ai pris de la hauteur. Je me suis élevée au-dessus des complexes que tu as voulus me faire prendre pour sœurs. J’ai appris à t’aimer avec tes défauts et qualités. Tu fais partie de moi, de manière indivisible. Un esprit sain dans un corps vide, ça ne rime à rien. Tu es bien plus qu’un méli-mélo d’os, de sang, de cellules. Tu es ma couverture, mon armure, ma carapace. Tu me protèges comme tu peux. Si j’oublie tes besoins, tu prends bien soin de me rappeler que tu ne vis pas que d’amour et d’eau fraîche. Tu me contrôles au-delà de la raison comme en témoigne le corps calleux. Depuis ta constitution, des sensations indéfinissables ont pris corps. Frisson de chair, souffle de caresse, vibration capillaire, illusion visuelle. Tu m’hallucines, tu me testes et je résiste alors que tu me fais souvent honte. Digressions stomacaux, poésies du postérieur, vents buccaux, tu t’exprimes sans inhibitions. Libre même emprisonné dans un tissu épidermique. Je t’ai dans la peau. Mon esprit fait corps quand tu faiblis. Je te dois bien ça. Tu me (sup)portes de la tête au pied.  Dépression, épuisement, apathie. A défaut de crier tes maux, tu me fais comprendre quand tu es à bout de souffle. Si je ne réagis pas, je sais que tu auras le dernier mot.

Cécile Thomachot

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